L’info à retenir
- Plus de 72 000 photos de Paris 1900 existent dans les archives Albert Kahn
- Montmartre était un bidonville en 1900, très différent d’aujourd’hui
- Les photos couleur de l’époque utilisaient la technique autochrome des frères Lumière
Paris à l’aube du XXe siècle révèle un visage méconnu, entre grandeur de l’Exposition universelle et misère des bidonvilles de Montmartre. Des milliers de photographies d’archives témoignent de cette époque charnière où la capitale se transformait profondément.
Où voir les photos de Paris 1900 aujourd’hui ?
La galerie Roger-Viollet reste la référence incontournable pour découvrir Paris 1900. Située au 6 rue de Seine dans le 6e arrondissement, elle propose des expositions gratuites du mardi au samedi de 14h à 19h.
L’agence conserve des fonds considérables depuis sa création en 1938. Ses collections regroupent 60 panoramiques et images stéréoscopiques du tournant du siècle, dont les célèbres clichés des frères Neurdein sur l’Exposition universelle.
Archives Albert Kahn
Les archives Albert Kahn constituent un trésor photographique unique au monde. Ce banquier philanthrope a réuni plus de 72 000 photographies entre 1909 et 1931 dans son projet « Les Archives de la Planète ».
Quatre photographes ont immortalisé Paris dès 1914 : Léon Gimpel, Stéphane Passet, Georges Chevalier et Auguste Léon. Leurs clichés saisissent l’avant et l’après Première Guerre mondiale avec un réalisme saisissant.
Collections Tumblr spécialisées
Le blog Chamade-Vintage French Photos rassemble des centaines de clichés rares de Paris entre 1900 et 1960. On y trouve des œuvres de grands noms comme Ronis, Doisneau et Boubat, mais aussi des photos inédites.
Ces collections numériques permettent de comparer facilement Paris prendre belles photos d’hier et d’aujourd’hui, révélant l’évolution spectaculaire de certains quartiers.
Comment Paris a-t-il vraiment changé depuis 1900 ?
En 1900, Paris comptait 2,7 millions d’habitants, soit 600 000 de plus qu’aujourd’hui. Cette densité exceptionnelle créait des contrastes saisissants entre les quartiers bourgeois et les zones de misère.
L’héritage des transformations d’Haussmann
Les travaux d’Haussmann avaient déjà redessiné Paris entre 1853 et 1870. En 17 ans, près de 20 000 maisons furent détruites et autant d’immeubles haussmanniens construits.
Malgré cette modernisation, Histoire Paris montre que la capitale gardait encore son caractère populaire. La plupart des monuments étaient noircis par la crasse accumulée depuis des siècles.
L’Exposition universelle de 1900
L’Exposition universelle de 1900 reste la plus grande jamais organisée à Paris. En six mois, elle accueillit 50 millions de visiteurs et 83 000 exposants entre le Champ-de-Mars et les Invalides.
Les Parisiens découvrirent alors le pont Alexandre III et le Grand Palais, mais aussi des pavillons aujourd’hui disparus. Le Globe Céleste culminait à 60 mètres au-dessus du quai, tandis qu’un trottoir roulant de 3,5 kilomètres facilitait les déplacements.
Montmartre : du bidonville au quartier touristique
En 1900, Montmartre n’avait rien du quartier pittoresque actuel. Le Sacré-Cœur était encore en construction, le métro n’y arrivait pas et une grande partie de la butte constituait un vaste bidonville.
Le « maquis de Montmartre », établi entre les rues Lepic et Caulaincourt, abritait familles misérables, artistes et chiffonniers. Ils vivaient dans des bicoques construites avec des matériaux de récupération, chassés du centre par la hausse des loyers.
Qui sont les photographes emblématiques de Paris 1900 ?
Les frères Neurdein
Antonin et Etienne Neurdein accèdent à la renommée internationale en photographiant l’Exposition universelle de 1900. Leur studio, créé dans les années 1860, produit des panoramiques d’une netteté exceptionnelle.
Leurs plaques panoramiques de grande taille révèlent des détails saisissants de la vie parisienne. On leur doit notamment les vues spectaculaires de l’avenue Kléber prise depuis l’Arc de Triomphe.
Léon Gimpel et Stéphane Passet
Léon Gimpel et Stéphane Passet travaillent pour Albert Kahn dans le cadre des « Archives de la Planète ». Ils utilisent la technique révolutionnaire de l’autochrome pour produire les premières photos couleur de Paris.
Leurs clichés de 1914 capturent l’effervescence de la capitale à la veille de la Grande Guerre. Ils immortalisent aussi bien les bourgeois de l’hippodrome de Longchamp que les ouvriers des Halles.
Albert Harlingue
Albert Harlingue se distingue par son approche empathique de la photographie sociale. Il s’intéresse particulièrement à la vie quotidienne des classes populaires, documentant Paris face cachée avec un regard humaniste.
Ses portraits des travailleurs parisiens révèlent les conditions difficiles de l’époque. Les forts des Halles, avec leurs coltins de cuir jaune protégeant des lourdes charges, témoignent de cette réalité laborieuse.
Quelles techniques photographiques utilisait-on en 1900 ?
La technique de l’autochrome
L’autochrome, brevetée par les frères Auguste et Louis Lumière en 1903, révolutionne la photographie couleur. Cette technique additive permet de restituer les couleurs aux clichés initialement en noir et blanc.
Le procédé reste complexe et donne parfois un résultat flou, mais les usines Lumière produisent plus de 50 millions de clichés en quelques années. Cette innovation majeure transforme la vision documentaire de l’époque.
Les plaques panoramiques
Les photographes de 1900 utilisent des plaques panoramiques de grande taille pour capturer Paris. Ces supports offrent un niveau de netteté et de détail exceptionnel, permettant de distinguer les moindres éléments architecturaux.
Moyse Léon et Georges Lévy, qui fondent leur studio dès 1864, maîtrisent parfaitement cette technique. Leurs panoramas de Paris rivalisent avec les meilleures productions internationales de l’époque.
Le passage du noir et blanc à la couleur
Au début du XXe siècle, la photographie couleur reste rare et coûteuse. La plupart des clichés sont encore réalisés en noir et blanc, puis parfois colorisés à la main par des artistes spécialisés.
L’autochrome change la donne en permettant une colorisation directe lors de la prise de vue. Cette révolution technique explique pourquoi les archives Albert Kahn proposent tant de photos couleur de cette époque.
Quels quartiers parisiens ont le plus évolué depuis 1900 ?
Les transformations les plus spectaculaires concernent les anciens quartiers populaires et industriels. Les Halles, Bercy et Montmartre ont complètement changé de visage en un siècle.
À l’inverse, les quartiers bourgeois du centre conservent largement leur aspect d’origine. Les grands boulevards haussmanniens et les monuments emblématiques structurent toujours Paris de la même manière.
| Quartier | 1900 | 2025 |
|---|---|---|
| Montmartre | Bidonville et maquis | Quartier touristique |
| Les Halles | Marché central | Centre commercial souterrain |
| Bercy | Entrepôts de vin | Quartier d’affaires |
| La Défense | Terrains vagues | Premier quartier d’affaires européen |
Ce qu’il faut retenir
Les photos de Paris 1900 révèlent une capitale en pleine mutation, où coexistaient faste de la Belle Époque et misère populaire. Les archives Roger-Viollet et Albert Kahn permettent aujourd’hui de redécouvrir cette époque charnière. Ces témoignages visuels montrent combien certains quartiers ont radicalement changé, particulièrement Montmartre qui est passé du bidonville au haut lieu touristique. Rendez-vous galerie Roger-Viollet pour plonger dans cette histoire fascinante de la capitale.




