Le musée Guimet, officiellement appelé musée national des arts asiatiques, abrite la plus importante collection d’art asiatique hors d’Asie. Situé place d’Iéna dans le 16e arrondissement de Paris, ce temple de la culture orientale expose sur 4000 m² des trésors millénaires qui vous transportent des temples khmers aux jardins zen du Japon. Créé par l’industriel lyonnais Émile Guimet et inauguré en 1889, le musée continue d’émerveiller près de 600 000 visiteurs chaque année.
Informations pratiques 2025
Le musée Guimet ouvre ses portes tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h. Comptez 12€ en tarif plein et 9€ en tarif réduit pour l’exposition permanente en 2025. L’accès combiné permanente + exposition temporaire coûte 15€ (12€ en réduit). Gratuit pour les moins de 18 ans et les 18-25 ans ressortissants de l’UE.
L’adresse exacte est 6 place d’Iéna, facilement accessible par le métro Iéna (ligne 9) ou Boissière (ligne 6). Prévoyez au minimum 2h30 pour une visite complète des quatre étages. La découverte d’autres joyaux parisiens comme le Musée Rodin à Paris, le Musée Picasso à Paris ou le Centre Pompidou complètera parfaitement votre parcours culturel dans la capitale.
Mesures de sécurité et conseils pratiques
Attention, les valises et bagages volumineux sont strictement interdits (dimensions maximum 45x100x62 cm). Un vestiaire gratuit est disponible à l’entrée. Téléchargez l’application mobile gratuite du musée pour enrichir votre visite avec des commentaires audio détaillés.
L’histoire fascinante du musée Guimet
Tout commence avec Émile Guimet, industriel lyonnais passionné par les religions orientales. Lors de ses voyages en Chine, au Japon et en Inde dans les années 1870, il rassemble une collection exceptionnelle qu’il expose d’abord à Lyon. En 1889, il fait construire un musée à Paris par l’architecte Charles Terrier, reprenant les plans de son musée lyonnais.
Le musée prend rapidement de l’ampleur. En 1927, il rejoint la direction des Musées de France et absorbe d’autres collections prestigieuses, dont celle du musée indochinois du Trocadéro. Aujourd’hui, avec ses 45 000 œuvres, le musée Guimet rivalise avec les plus grandes institutions mondiales comme le Metropolitan Museum de New York.
La polémique récente du « Monde himalayen »
En 2024, le musée a suscité la controverse en renommant ses salles « Népal-Tibet » en « Monde himalayen » et en désignant le Tibet sous l’appellation chinoise « Tubo ». En juillet 2025, quatre associations ont saisi le tribunal administratif pour contraindre le musée à réécrire ses cartels, estimant que cette suppression des références au Tibet contrevient à sa mission de diffusion culturelle.
Collections permanentes : un voyage à travers l’Asie
Rez-de-chaussée : trésors de l’Asie du Sud-Est et de l’Inde
Votre visite commence par l’une des collections les plus riches du musée, consacrée à l’Empire khmer (IXe-XIIIe siècle). La pièce maîtresse ? Le porche de grès rose du temple de Banteay Srei (Xe siècle), démonté et remonté avec une précision millimétrique. Cette œuvre exceptionnelle représente l’apsara Tilottama surprise par les démons Sunda et Upasunda.
Ne manquez pas non plus les objets rarissimes de la civilisation de la vallée de l’Indus et les témoignages des échanges commerciaux entre l’Inde antique et le monde romain. Les sculptures bouddhistes, brahmaniques et jaïnes provenant des grands sites archéologiques indiens (Mathura, Ajanta, Ellora) constituent un ensemble d’une beauté saisissante.
Premier étage : Chine, Afghanistan et Pakistan
L’étage se divise en plusieurs sections spectaculaires. La collection chinoise de 20 000 œuvres couvre sept millénaires d’art, des céramiques néolithiques aux porcelaines Ming en passant par les fameux bronzes anciens. Les peintures sur rouleaux, horizontaux et verticaux, témoignent de la sophistication artistique chinoise.
La section dédiée à l’art gréco-bouddhique du Gandhâra (Afghanistan et Pakistan actuel) présente des chefs-d’œuvre issus des fouilles de la Délégation archéologique française en Afghanistan. Ces sculptures uniques mêlent influences grecques et tradition bouddhiste.
Deuxième étage : Japon, Corée et collection Riboud
Les 11 000 œuvres japonaises retracent l’histoire artistique du pays du Soleil-Levant, des mystérieux dogū de l’époque Jōmon aux estampes d’Hokusai. Les armures complètes de samouraï côtoient les délicats masques de théâtre nô et les célèbres netsuke, ces miniatures sculptées pleines d’humour.
La galerie Jean et Krishnā Riboud expose par rotation des textiles asiatiques d’exception. Cette collection de 4 000 pièces, léguée par le couple Riboud, comprend les plus beaux tissages indiens des XVIIe-XIXe siècles, rivalisant avec les collections du Metropolitan Museum et du Victoria and Albert Museum.
Troisième étage : Tibet, Népal et photographies
Depuis la donation Lionel Fournier de 1989, le musée Guimet possède la plus riche collection au monde d’art tibétain avec 2 000 œuvres. Thangkas, statuettes en bronze, objets rituels révèlent la richesse spirituelle de l’art himalayen. L’espace photographie retrace quant à lui l’histoire des missions archéologiques françaises en Asie.
La bibliothèque et le centre de recherche
La bibliothèque du musée Guimet, ouverte depuis 1889, conserve plus de 100 000 volumes et 1 500 titres de périodiques. Cette bibliothèque-musée, comparable à celle de l’Opéra de Paris, expose par rotation des ensembles fragiles : miniatures indiennes mogholes, estampes japonaises dont la célèbre « Grande Vague » d’Hokusai.
Particulièrement remarquables, les ouvrages anciens incluent des cartes chinoises du XVIIIe siècle, des livres musulmans en chinois et des centaines de livres tibétains précieux. La rotonde bibliothèque accueille régulièrement des expositions temporaires de manuscrits illustrés.
Sites annexes du musée Guimet
Le musée Guimet gère également deux sites remarquables. Le Panthéon bouddhique – Hôtel Heidelbach, situé 19 avenue d’Iéna, se concentre sur l’iconographie religieuse des bouddhismes extrême-orientaux. Ouvert les jeudis, vendredis et week-ends, ce petit écrin présente une approche plus spirituelle des collections.
Le musée d’Ennery (59 avenue Foch) complète l’offre avec ses arts décoratifs d’Extrême-Orient. Ces deux annexes enrichissent considérablement la compréhension des civilisations asiatiques.
Expositions temporaires et événements culturels
Le musée Guimet ne se contente pas de ses collections permanentes. Chaque année, trois à quatre expositions temporaires majeures explorent des thématiques précises : art contemporain asiatique, civilisations anciennes, dialogues artistiques Orient-Occident.
L’institution organise également de nombreuses manifestations culturelles : rétrospectives cinématographiques, concerts de musique traditionnelle, spectacles de danse et théâtre asiatiques. Depuis 2017, le prix Émile Guimet de littérature asiatique récompense chaque année un auteur remarquable.
Conseils de visite et bonnes adresses
Commencez idéalement par le rez-de-chaussée et remontez chronologiquement. Les audioguides (5€) enrichissent considérablement l’expérience, notamment pour comprendre l’iconographie bouddhiste et hindoue complexe. Évitez les week-ends si possible, le musée peut être bondé.
Pour déjeuner, plusieurs options s’offrent à vous dans le quartier chic de Trocadéro. Le Café de l’Homme offre une vue exceptionnelle sur la tour Eiffel, tandis que les brasseries de l’avenue Kléber proposent des formules plus abordables. Comptez 45-60€ pour un repas dans le secteur.
Conclusion
Le musée Guimet représente bien plus qu’une simple collection d’objets asiatiques : c’est une véritable plongée dans des civilisations millénaires qui continuent d’influencer notre monde contemporain. Des sculptures khmères monumentales aux délicates estampes japonaises, chaque salle révèle la richesse et la diversité de l’art asiatique. La polémique récente autour du Tibet rappelle aussi l’importance géopolitique de ces collections dans notre époque troublée. Réservez une demi-journée complète pour profiter pleinement de ce voyage extraordinaire au cœur de l’Asie, en plein Paris. Le musée Guimet mérite incontestablement sa réputation de temple parisien de l’art oriental.




