Vous vous êtes déjà demandé pourquoi cette place emblématique de Paris porte à la fois le nom de la Révolution et de la Concorde ? Derrière ses 7,56 hectares se cache une histoire mouvementée, entre guillotine, symboles de paix et légendes urbaines. Découvrez comment ce lieu, autrefois témoin des exécutions de Louis XVI et Marie-Antoinette, est devenu un carrefour de mémoire collective et d’élégance architecturale, avec son obélisque égyptien et ses fontaines monumentales.
Sommaire
- L’histoire mouvementée de la Place de la Transformation à Paris
- De la Révolution à la Concorde : la métamorphose emblématique
- La Place de la Concorde dans l’histoire moderne de Paris
- La Place de la Concorde dans le tissu urbain parisien
- La Place de la Concorde dans la mémoire collective française
L’histoire mouvementée de la Place de la Transformation à Paris
Des origines royales à la tourmente historique
Créée en 1772 sous le nom de Place Louis XV, cette esplanade parisienne symbolise l’apogée de la monarchie. Commandée par Louis XV pour glorifier son règne, elle devient Place de la Révolution en 1792, marquant la chute de la royauté. La statue équestre du roi est détruite, remplacée par la guillotine quelques mois plus tard. L’histoire de ce lieu emblématique commence avec l’ambition de devenir un joyau de l’urbanisme parisien.
La place initiale forme un octogone bordé d’hôtels particuliers, dont l’Hôtel de Crillon et l’Hôtel de la Marine. Une statue équestre de Louis XV trône en son centre, œuvre de Bouchardon. Le fossé entourant l’espace, percé de six ponts, renforce son caractère majestueux. Cette configuration reflète le classicisme français du XVIIIe siècle, reliant les Champs-Élysées au jardin des Tuileries, et positionne le lieu comme un carrefour prestigieux de Paris.
Le théâtre sanglant de la Terreur
En août 1792, la statue de Louis XV est abattue, symbole de la rupture avec la monarchie. La guillotine s’installe en janvier 1793, transformant ce lieu royal en scène d’exécutions publiques. La Place de la Révolution devient le théâtre des tragédies de la Révolution, effaçant d’un coup d’épée le passé monarchique pour en faire un espace de justice révolutionnaire.
Les exécutions marquantes débutent le 21 janvier 1793 avec Louis XVI, suivi de Marie-Antoinette le 16 octobre. Robespierre et Danton y trouvent la mort en 1794. Sur 2 498 exécutions à Paris durant la Terreur, 1 119 ont lieu ici. Ces événements marquent profondément la mémoire collective, transformant la place en mémorial des violences révolutionnaires.
| Personnage | Date | Rôle |
|---|---|---|
| Louis XVI | 21 janvier 1793 | Roi de France |
| Marie-Antoinette | 16 octobre 1793 | Reine de France |
| Georges Danton | 5 avril 1794 | Homme politique révolutionnaire |
| Maximilien Robespierre | 28 juillet 1794 | Leader de la Terreur |
| Total | 1793-1794 | 1 119 exécutions sur 2 498 à Paris |
| Les chiffres indiquent les exécutions emblématiques et le bilan total. En France métropolitaine, entre 13 800 et 18 613 personnes ont été guillotinées de 1792 à 1795. Les restes d’environ 500 victimes reposent à la Chapelle Expiatoire. | ||
Sur cette place, 1 119 personnes perdent la vie entre 1793 et 1794, soit près de la moitié des exécutions parisiennes durant la Terreur. Ce lieu devient le symbole de la radicalisation révolutionnaire, où la guillotine installe un climat de terreur, marquant un tournant décisif dans l’histoire de Paris et de la France.
De la Révolution à la Concorde : la métamorphose emblématique
La naissance de la Place de la Concorde
En 1795, le Directoire renomme la place en Place de la Concorde, marquant la réconciliation nationale après la Terreur. Ce changement efface les divisions révolutionnaires, symbolisant l’unité retrouvée. L’ancien lieu d’exécutions devient un espace apaisé, reflétant les aspirations politiques d’un régime en quête de stabilité après les violences passées.
Sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, Jacques-Ignace Hittorff réaménage la place. Il y ajoute l’obélisque de Louxor en 1836, les fontaines des Mers et des Fleuves, et des lampadaires colonnes rostrales. Ces transformations effacent les souvenirs sombres de la Révolution, redonnant à l’espace une dimension harmonieuse et symbolique, ancrée dans l’histoire culturelle et diplomatique de la France.
L’obélisque de Louxor : nouveau symbole du lieu
En 1836, l’obélisque de Louxor, offert par l’Égypte, s’élève au centre de la place. Ce cadeau de Méhémet Ali célèbre le déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion. Transporté via un navire spécialement construit, son installation marque un tournant symbolique, remplaçant la guillotine par un monument de paix et de savoir.
L’obélisque, monolithe de granit rose datant du XIIIe siècle av. J.-C., mesure 23 mètres et pèse 230 tonnes. Ses hiéroglyphes glorifient Ramsès II, tandis que son socle relate les défis techniques de son transport. Érigé par Apollinaire Lebas en 1836, il devient le cœur de la place, alliant l’histoire égyptienne à l’identité parisienne.
L’érection de l’obélisque, supervisée par l’ingénieur Apollinaire Lebas, mobilise 300 artilleurs et marins. Des machines élévatrices et des cabestans permettent de le hisser devant 200 000 spectateurs, un exploit technique qui consacre la place comme un lieu de convergence entre passé révolutionnaire et ambition artistique.
Les fontaines monumentales de la place
Entre 1836 et 1846, Jacques-Ignace Hittorff installe les fontaines des Mers et des Fleuves, inspirées des modèles romains. La première célèbre la puissance navale française, la seconde honore les fleuves intérieurs. Conçues en fonte et bronze, elles s’intègrent dans l’aménagement global, renforçant l’harmonie architecturale et la symbolique nationale.
- Inspiration romaine : Modèle des fontaines de la place Saint-Pierre de Rome.
- Conception par Jacques-Ignace Hittorff : Érigées entre 1836 et 1846.
- Fontaine des Mers symbolise la puissance navale française, Fontaine des Fleuves représente les fleuves intérieurs.
- Construites en fonte et bronze, avec une hauteur de 9 mètres.
- Rénovées pour les Jeux Olympiques 2024, classées Monuments Historiques depuis 1937.
Les fontaines incarnent l’ambition maritime et coloniale de la France au XIXe siècle. La Fontaine des Mers, ornée de tritons et poissons, célèbre le commerce maritime, tandis que la Fontaine des Fleuves met en scène le Rhin et le Rhône. Leur présence souligne la centralité de la marine dans l’expansion économique et territoriale du pays.
Les huit statues des villes de France
Huit statues féminines allégoriques représentent Brest, Rouen, Bordeaux, Nantes, Lyon, Marseille, Lille et Strasbourg. Installées en 1838, elles symbolisent les grandes villes françaises, leurs richesses économiques et leur unité. Chacune arbore un château en guise de couronne, liant l’identité locale à l’harmonie nationale.
Ces statues matérialisent une volonté politique de réconciliation après la Révolution. En positionnant géographiquement les villes sur la place, elles redessinent la carte de France, valorisant les spécificités régionales tout en affirmant l’unité nationale. Leur présence marque la transition d’un espace de conflit à un lieu de concorde symbolique.
La Place de la Concorde dans l’histoire moderne de Paris

Événements historiques majeurs sur la place
Après la Révolution, la Place de la Concorde reste un lieu clé des tumultes politiques. En 1830, elle devient le théâtre des Trois Glorieuses avec des affrontements entre insurgés et troupes royalistes. En 1848, elle accueille la proclamation de la Deuxième République. En 1871, une barricade y est érigée durant la Commune, tandis que la statue de Strasbourg est drapée de noir après la défaite contre l’Allemagne.
Lors de l’Occupation allemande (1940-1944), l’Hôtel Crillon sert d’hôpital militaire allemand. En août 1944, la place est un point stratégique lors de la Libération de Paris. Des combats acharnés opposent résistants et forces allemandes. Le 26 août, De Gaulle défile devant des chars alliés, marquant la renaissance de la République.
Un site touristique incontournable aujourd’hui
Classée monument historique depuis 1937, la Place de la Concorde attire plus de 3 millions de visiteurs chaque année. Elle figure dans les circuits reliant le Louvre à l’Arc de Triomphe. Les guides la décrivent comme un joyau architectural mêlant obélisque égyptien, fontaines monumentales et perspectives sur les Champs-Élysées.
Aujourd’hui, les touristes découvrent l’obélisque de Louxor, les fontaines des Mers et des Fleuves, et les statues des villes françaises. Depuis la place, les vues panoramiques sur la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe et le Palais Bourbon offrent un aperçu unique de Paris. Des visites guidées retracent son histoire mouvementée, de la guillotine à la paix symbolisée par son nom actuel.
La Place de la Concorde dans le tissu urbain parisien

Un nœud stratégique dans la géographie parisienne
La Place de la Concorde se situe entre la Seine, le jardin des Tuileries et les Champs-Élysées. Elle relie la rue Royale et les grands boulevards. Ce point central connecte les monuments historiques de Paris, de l’Arc de Triomphe au Louvre. La proximité du Louvre Paris renforce son rôle de pivot urbain.
Depuis la Place de la Concorde, l’alignement visuel vers l’Arc de Triomphe, la Tour Eiffel et le Palais Bourbon structure l’aménagement de Paris. Ce réseau de perspectives, hérité du XVIIIe siècle, illustre la rationalité de l’urbanisme classique. La place sert de point de repère pour les flux touristiques et les déplacements quotidiens.
L’Hôtel de la Marine et l’héritage architectural
Construit entre 1757 et 1774 par Ange-Jacques Gabriel, l’Hôtel de la Marine abrite le Garde-Meuble royal puis le ministère de la Marine. Ce bâtiment symétrique à l’Hôtel de Crillon incarne l’harmonie classique de la place, avec ses colonnes et son fronton orné de sculptures maritimes.
Ouverte au public en 2021, l’Hôtel de la Marine propose des visites des salons d’apparat, de la loggia et des collections du Mobilier national. La fondation Al Thani y expose des œuvres d’art. Cette rénovation a redonné vie à l’édifice, renforçant le lien entre patrimoine historique et attractivité contemporaine de la place.
Les transformations urbanistiques au fil des siècles
De la Place Louis XV à la Place de la Concorde, les aménagements reflètent les changements politiques. Hittorf ajoute l’obélisque et les fontaines en 1836. Napoléon III projette une esplanade nue. Les récents projets visent à végétaliser l’espace et à réduire la place dédiée aux voitures.
Les projets contemporains prévoient de piétonniser 66 % de la place et d’y planter 131 arbres. Le réaménagement, estimé à 38 millions d’euros, vise à créer un « îlot de fraîcheur ». Pendant les JO 2024, la place accueille des compétitions de sports urbains, anticipant sa transformation future.
Les moyens d’accès et de découverte de la place
La station de métro Concorde (lignes 1, 8, 12) et les bus 42, 52, 72, 84 et 94 desservent la place. Des parkings comme Indigo Place de la Concorde sont disponibles. L’accessibilité PMR est renforcée, notamment avec des rampes temporaires lors des événements.
Des visites guidées, comme celles de Guideapolis, explorent l’histoire révolutionnaire de la place. L’application « Parcours Révolution » propose un circuit sur 120 lieux liés à la Révolution. Des balades thématiques incluent la place dans un circuit plus large sur la période 1789-1799.
La Place de la Concorde dans la mémoire collective française

Représentations culturelles et artistiques
La Place de la Concorde inspire écrivains, peintres et cinéastes. Victor Hugo, dans Les Misérables, évoque Paris comme théâtre d’histoires humaines. Camille Pissarro, Edgar Degas et Jean Béraud capturent ses perspectives et sa vie urbaine. Au cinéma, Georges Méliès filme la place en 1896, tandis que les manuels scolaires y associent des scènes de la Révolution. Un lieu où passent réel et imaginaire.
Des œuvres marquent l’histoire. « Place de la Concorde » de Degas (1875) montre le vicomte Lepic et ses filles. Les tableaux de Pissarro mêlent modernité et architecture. Les guillotines des manuels scolaires, souvent stylisées, simplifient la complication des événements. Ces images forgent une mémoire collective, parfois éloignée des réalités de 1793.
Entre mémoire révolutionnaire et réconciliation nationale
Le passé sanglant et le nom « Concorde » coexistent. Si la guillotine hante encore les esprits, l’obélisque égyptien et les fontaines symbolisent l’apaisement. Ce double héritage résume les tensions entre souvenir douloureux et volonté d’unité, toujours perceptibles dans les débats sur la place.
Des cérémonies jalonnent son histoire. En 1795, le Directoire célèbre la paix retrouvée. Après la Seconde Guerre mondiale, De Gaulle y défie la ville libérée. Aujourd’hui, défilés et commémorations militaires dominent, évitant les références aux exécutions révolutionnaires. La mémoire s’adapte aux enjeux du moment.
Des initiatives récentes redonnent vie à son histoire. L’application « Parcours Révolution » propose des circuits immersifs. Des expositions temporaires, comme l’œuvre « PHARES » en 2015, revisitent son passé. Ces projets équilibrent éducation et attractivité touristique, sans effacer ses ambiguïtés.
Robespierre et Louis XVI divisent encore. Pour certains, le premier incarne la Terreur ; pour d’autres, un défenseur des idéaux. La place, témoin de leur chute, reste un miroir des débats sur la Révolution. Une mémoire vivante, où passé et présent se confrontent.
La Place de la Révolution, devenue Place de la Concorde, incarne l’histoire mouvementée de Paris : lieu de mémoire avec ses exécutions révolutionnaires, espace symbolique avec son obélisque de Louxor, et cœur touristique incontournable. Pour saisir son héritage, une visite s’impose, entre contemplation des fontaines et cheminement dans les pas de Louis XVI. Son passé sanglant et son présent harmonieux en font une destination où l’Histoire se raconte à chaque pas.
FAQ
Qui a conçu les statues des villes de France ?
Les statues des villes de France, qui ornent la Place de la Concorde, sont le fruit du travail de plusieurs sculpteurs. Jean-Pierre Cortot a notamment réalisé les statues de Brest et Rouen, tandis que James Pradier a sculpté celles de Lille et Strasbourg.
L’aménagement global de la place, intégrant ces statues, a été conçu par Jacques Hittorf sous la Monarchie de Juillet, reprenant en partie les plans d’Ange Jacques Gabriel du XVIIIe siècle. Ces huit statues représentent les principales villes françaises, symbolisant leur richesse et leur unité.
Comment la place a-t-elle évolué après les JO 2024 ?
Après les JO 2024, la Place de la Concorde va subir une transformation importante. Une grande partie de la place sera piétonnisée, à l’image du Trocadéro et du Champ-de-Mars, afin de créer un espace plus agréable pour les promeneurs.
L’objectif est de créer un « îlot de fraîcheur » avec davantage d’arbres et d’espaces verts. Les travaux devraient débuter en 2026, suite à une concertation publique visant à recueillir les avis sur ce réaménagement ambitieux, dont l’équipe de Philippe Prost a été désignée.
Comment visiter l’Hôtel de la Marine ?
Pour visiter l’Hôtel de la Marine, situé Place de la Concorde à Paris, le plus simple est d’acheter vos billets en ligne. Ouvert au public depuis 2021, l’hôtel propose des visites enrichies par un casque connecté, « Le Confident », pour une expérience sonore immersive.
La visite des appartements, salons et de la loggia dure environ 1h30. L’Hôtel de la Marine est facilement accessible par la ligne 1 du métro, station Concorde, ainsi que par plusieurs lignes de bus. Il est ouvert tous les jours de la semaine.
La place de la Concorde est-elle toujours un lieu de manifestations ?
Oui, la Place de la Concorde reste un lieu important pour les rassemblements et les manifestations à Paris. Des événements récents, comme les manifestations contre la réforme des retraites en mars 2023, en sont la preuve.
La place a une longue histoire de contestation, remontant à la Révolution française, et continue d’être un lieu central pour l’expression populaire et les mouvements sociaux, même si cela peut parfois entraîner des tensions.

