L’info à retenir
- Accès gratuit par le 223 rue Saint-Martin ou le 30 rue de Turbigo, ouvert en semaine uniquement
- L’un des plus anciens passages de Paris (XVIIe siècle) avec 70 mètres de long bordés de végétation
- Lieu historique des premiers fiacres parisiens et site tragique de la rafle de 1942
Niché entre la rue Saint-Martin et la rue de Turbigo, le passage de l’Ancre révèle un petit coin de campagne inattendu au cœur du 3e arrondissement. Ce passage privé de 70 mètres, agrémenté de façades colorées et de végétation luxuriante, offre une parenthèse bucolique à quelques pas du musée des Arts et Métiers.
Où se trouve le passage de l’Ancre et comment y accéder ?
Le passage de l’Ancre se glisse discrètement entre deux rues animées du Marais. Deux entrées permettent d’y accéder, chacune révélant un visage différent de ce lieu atypique.
Les deux entrées principales
L’entrée principale se situe au 223 rue Saint-Martin. Une porte cochère bleue aux lignes inclinées marque le seuil de cette oasis urbaine. Cette entrée offre la plus belle perspective sur l’architecture du passage.
La seconde entrée, au 30 rue de Turbigo, donne accès par l’autre extrémité. Le passage relie ainsi directement ces deux artères, prolongeant symboliquement la rue Chapon vers la rue de Turbigo.
Conseils pour trouver l’entrée discrète
Depuis la rue Saint-Martin, cherchez une porte cochère bleue entre les commerces. L’entrée reste peu visible depuis la voie publique, ce qui contribue au caractère secret du lieu. Les passages couverts Paris traditionnels s’affichent davantage, mais l’Ancre cultive sa discrétion.
Attention : Le passage peut fermer certains week-ends. Privilégiez une visite en semaine pour éviter de trouver porte close.
Transports en commun à proximité
Plusieurs stations de métro facilitent l’accès :
- Arts et Métiers (lignes 3 et 11) : 3 minutes à pied
- Réaumur-Sébastopol (lignes 3 et 4) : 5 minutes à pied
- Strasbourg-Saint-Denis (lignes 4, 8, 9) : 7 minutes à pied
Que peut-on voir dans ce passage historique ?
Contrairement aux passages couverts classiques avec leurs verrières et leurs boutiques d’antiquaires, l’Ancre propose un spectacle différent. Les rues piétonnes Paris n’offrent pas toutes cette atmosphère de village préservé.
Les façades colorées et la végétation
Des façades aux teintes vives – rouge, bleu, vert – ponctuent la promenade. Plantes grimpantes, pots de fleurs et jardinières transforment cette allée pavée en véritable jardin suspendu.
La végétation abondante crée une fraîcheur appréciable en été. Chaque recoin révèle une composition florale soignée, fruit du travail des occupants actuels.
Les anciennes boutiques et ateliers
D’anciens ateliers d’artisans reconvertis en bureaux occupent désormais la plupart des espaces. Quelques enseignes anciennes témoignent encore du passé commercial du lieu.
La célèbre boutique Pep’s, spécialisée dans la réparation de parapluies et ombrelles, a fermé définitivement en janvier 2021. Elle représentait l’une des dernières activités artisanales traditionnelles du passage.
L’architecture du 17e siècle
Les bâtiments conservent leur caractère historique malgré les transformations. Poutres apparentes, pierres anciennes et ferronneries d’époque rappellent l’âge vénérable de ce passage.
La largeur réduite – le passage reste relativement étroit – accentue l’intimité du lieu. Cette configuration préserve l’atmosphère villageoise recherchée par les visiteurs.
Quelle est l’histoire fascinante de ce lieu ?
L’histoire du passage de l’Ancre traverse les siècles, mêlant innovation, tragédie et renaissance. Ce lieu témoigne des transformations de Paris et de ses habitants.
L’origine du nom et l’auberge à l’ancre
Le nom provient d’une ancienne auberge, « Au Grand Saint-Pierre », qui arborait une enseigne en forme d’ancre. Cette auberge donnait son caractère au passage dès le XVIIe siècle.
Plusieurs appellations se sont succédé : « Passage du Puits » à l’origine, puis « Passage de l’Ancre-Royale », « Passage de l’Ancre-Nationale » pendant la Révolution (1792-1805), avant de devenir définitivement le « Passage de l’Ancre ».
Nicolas Sauvage et les premiers fiacres
Vers 1637, Nicolas Sauvage révolutionne le transport parisien depuis ce passage. Ce « facteur des maîtres de coches d’Amiens » crée le premier service de voitures de place.
Ses carrosses, stationnés dans le passage, peuvent se louer à l’heure ou à la journée. Le terme « fiacre » naît de cette innovation, référence soit à l’Hôtel Saint-Fiacre proche, soit aux portraits du saint protecteur placés dans les véhicules.
La période sombre de 1942
Dans les années 1930, de nombreux artisans juifs installent leurs ateliers de confection dans le passage. Cette communauté dynamique anime le lieu jusqu’à la tragédie de juillet 1942.
La rafle du Vélodrome d’Hiver des 16 et 17 juillet 1942 frappe durement les occupants. La plupart des résidents juifs sont déportés. Ce drame marque profondément l’identité du passage.
La réouverture en 1998
Après des décennies d’abandon consécutives à la guerre, le passage renaît en 1998. Cette réhabilitation preserve son caractère historique tout en l’adaptant aux usages contemporains.
Les nouveaux occupants – bureaux, petites entreprises – maintiennent l’esprit du lieu. Parmi les trésors cachés Paris, l’Ancre retrouve sa place de havre de paix urbain.
Quand visiter le passage de l’Ancre ?
La visite du passage demande quelques précautions pour éviter les déconvenues. Les horaires d’ouverture irréguliers nécessitent de planifier sa venue.
Horaires d’ouverture
Accès en 2025 :
- Du lundi au vendredi : généralement ouvert en journée
- Horaires variables selon l’activité des occupants
- Gratuit – pas de droit d’entrée
Fermetures week-end
Les portes cochères peuvent rester fermées le samedi et le dimanche. Cette fermeture irrégulière dépend des occupants actuels et des travaux éventuels.
Vérifiez l’état d’ouverture avant de faire le déplacement spécifiquement pour ce passage. Une visite combinée avec le quartier limite les risques de déconvenue.
Meilleure période de visite
Le printemps et l’été révèlent la végétation dans toute sa splendeur. Les fleurs s’épanouissent et créent un décor particulièrement photogénique.
La mi-journée offre le meilleur éclairage naturel. Les façades colorées ressortent mieux sous la lumière du jour, évitant les zones d’ombre du matin et du soir.
Quels autres passages secrets découvrir dans le quartier ?
Le 3e arrondissement recèle d’autres pépites méconnues. Ces passages et cours intérieures complètent agréablement la découverte de l’Ancre.
Passage du Bourg-l’Abbé : Il prolonge symboliquement le passage de l’Ancre vers l’ouest, dans le 2e arrondissement. Avant les transformations haussmaniennes de 1854, ces deux passages formaient une liaison continue entre Saint-Martin et Saint-Denis.
Cour des Petites-Écuries : À proximité, cette cour pavée préserve une atmosphère similaire avec ses ateliers d’artistes et sa végétation soignée.
Impasse des Arbalétriers : Plus au sud, cette impasse discrète révèle des façades anciennes et des jardins cachés typiques du Marais historique.
Ce qu’il faut retenir
Le passage de l’Ancre mérite le détour lors d’une exploration du Marais. Ce témoin de l’histoire parisienne, gratuit et accessible, offre une pause bucolique inattendue. Privilégiez une visite en semaine par l’entrée du 223 rue Saint-Martin pour découvrir ce village miniature. Combinez cette découverte avec les autres trésors du quartier – Arts et Métiers, passages couverts traditionnels, boutiques du Marais – pour une journée riche en surprises parisiennes. L’Ancre révèle que Paris cache encore des secrets, même au cœur de ses quartiers les plus fréquentés.




