L’info à retenir
- Ancienne rue principale du village de Charonne, annexé à Paris en 1860, accessible par métro Porte de Montreuil ligne 9
- Architecture contrastée : maisons du 18e siècle préservées au nord, tours modernes de plus de 100m au sud
- Brocante annuelle début juin perpétuant la tradition villageoise, avec église Saint-Germain-de-Charonne et son cimetière historique
Au cœur du 20e arrondissement, la rue Saint-Blaise raconte l’histoire fascinante d’un village devenu parisien. Cette artère unique mélange harmonieusement patrimoine historique et modernité urbaine, créant un contraste saisissant entre maisons anciennes et tours contemporaines.
Où se trouve la rue Saint-Blaise et comment y aller ?
La rue Saint-Blaise s’étend de la place Saint-Blaise jusqu’au 109-113 boulevard Davout, dans le 20e arrondissement. Cette voie de 800 mètres traverse l’ancien village de Charonne, offrant un voyage dans le temps au cœur de Paris.
Localisation exacte dans le 20e arrondissement
Située entre la rue des Pyrénées et le boulevard de Charonne, la rue Saint-Blaise forme l’épine dorsale du quartier Saint-Blaise. L’ancienne place du village, aujourd’hui place des Grès, marque son croisement avec la rue Vitruve au numéro 38.
Accès en métro et transports
Le métro Porte de Montreuil (ligne 9) constitue l’accès le plus pratique. Depuis la station, suivez la rue Saint-Blaise sur 5 minutes de marche pour atteindre la partie historique. Les bus 26, 76 et 102 desservent également le secteur avec plusieurs arrêts le long du boulevard Davout.
Itinéraire de visite conseillé
Commencez par la partie moderne près du métro pour apprécier le contraste architectural. Remontez vers le nord jusqu’à la place des Grès, puis poursuivez vers l’église Saint-Germain-de-Charonne. Cette progression révèle progressivement l’âme villageoise des lieux.
Que voir dans la rue Saint-Blaise aujourd’hui ?
La rue offre un spectacle architectural unique où se côtoient deux époques. Cette juxtaposition créée par l’urbanisme du 20e siècle génère une atmosphère particulière, rare dans la capitale.
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Architecture contrastée : tours modernes vs maisons anciennes
La partie sud-est présente des tours de la ZAC Saint-Blaise, dont certaines culminent à plus de 100 mètres. Ces géants de béton côtoient les maisons de ville du 18e siècle, créant un dialogue architectural surprenant entre deux visions urbaines.
Un agent immobilier local confirme cette dichotomie : la disparité des prix immobiliers entre le nord préservé et le sud moderne reste exceptionnelle pour une même rue parisienne.
Église Saint-Germain-de-Charonne et son cimetière
L’église trône au bout de la rue, visible en perspective depuis plusieurs points. Son clocher du 13e siècle domine le paysage villageois. Le cimetière paroissial attenant reste l’un des deux derniers de Paris avec celui de Saint-Pierre de Montmartre.
Cette chapelle dédiée à Saint-Blaise au sein de l’église a donné son nom à la rue. La silhouette de l’édifice renforce l’atmosphère provinciale du quartier.
Cours intérieures et portes cochères
Poussez les portes cochères des numéros 6, 12 et 21 pour découvrir des cours calmes et arborées. Ces espaces secrets révèlent le charme bucolique préservé du vieux Charonne. Les restaurateurs locaux racontent que ces petites maisons abritaient souvent les nounous des riches Parisiens.
Commerces et atmosphère de village
Le pavage et les boutiques traditionnelles renforcent l’identité villageoise. Les commerces de proximité maintiennent une vie de quartier authentique, loin de l’agitation touristique du centre-ville. Cette partie piétonne s’apparente davantage à un village de province qu’à une voie parisienne.
Quelle est l’histoire de cette ancienne rue de village ?
L’histoire de la rue Saint-Blaise se confond avec celle du village de Charonne, entité indépendante jusqu’en 1860. Cette chronologie explique l’architecture préservée et l’atmosphère champêtre persistante.
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Du village de Charonne à l’annexion de 1860
Mentionnée dès le 17e siècle sur le plan de Jouvin de Rochefort comme « rue principale du village », elle portait alors le nom de « Grande rue Saint-Germain ». Le village de Charonne, situé à flanc de colline, attirait les riches Parisiens par ses paysages de campagne.
En 1771, la voie devient « route départementale n°23 » avant son intégration au réseau parisien. L’annexion de 1860 transforme ce village périphérique en quartier urbain, préservant néanmoins son identité rurale.
Évolution urbaine du 20e siècle
Les années 1960 marquent un tournant radical. Le quartier, jugé vétuste, fait l’objet de vastes opérations de rénovation. La ZAC Saint-Blaise symbolise cette phase de transformation urbaine verticale, avec ses tours densément disposées.
Cette période sacrifie une partie importante du patrimoine villageois pour répondre aux besoins de logement de l’époque. Le contraste architectural actuel témoigne de ces choix urbanistiques contrastés.
Rénovation et sauvegarde depuis 1975
Un changement de philosophie municipal intervient en 1975. Plutôt que de raser systématiquement, Paris privilégie la reconnaissance et la réhabilitation du patrimoine existant. Plusieurs maisons anciennes échappent de justesse à la démolition.
Ces restaurations lourdes, parfois intégrales, expliquent pourquoi certains bâtiments historiques paraissent aujourd’hui récents. Cette politique de sauvegarde préserve l’âme villageoise du quartier.
Quels sont les bâtiments historiques à ne pas manquer ?
Les vestiges architecturaux du 18e siècle jalonnent la partie préservée de la rue. Ces témoins du passé villageois révèlent la richesse patrimoniale de l’ancien Charonne.
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Maisons du 18e siècle (n°17, 21, 27)
Le numéro 21 se distingue par son élégance de demeure de maître et sa porte cochère remarquable. Cette ancienne résidence bourgeoise illustre le standing du village d’époque. Le numéro 27 abritait un bâtiment des sœurs de la Charité, témoignant de la vie religieuse locale.
Ces maisons, sauvées in extremis dans les années 1970, ont bénéficié de restaurations complètes. Leur architecture préservée offre un aperçu authentique de l’habitat villageois du siècle des Lumières.
Portail au mascaron de Neptune (n°46)
Ce vestige décoratif orne le portail d’une ancienne demeure du 18e siècle, restructurée lors de l’aménagement du square de la Salamandre. Le mascaron de Neptune témoigne du goût artistique de l’époque et de la prospérité des habitants.
Cette ornementation maritime, surprenante dans un village de campagne, révèle les influences culturelles parisiennes sur l’architecture locale.
Ancien hôtel particulier (n°2)
Le début de la rue accueillait un hôtel particulier du début du 18e siècle. Bien que transformé, ce bâtiment conserve des traces de son passé aristocratique. Sa position stratégique à l’entrée du village soulignait l’importance de ses propriétaires.
Ces résidences de prestige illustraient l’attrait de Charonne pour la bourgeoisie parisienne, séduites par l’air pur et la tranquillité champêtre.
Quand visiter et quels événements découvrir ?
La rue Saint-Blaise se découvre idéalement au printemps et en été, quand les cours intérieures révèlent leur végétation. L’événement phare reste la brocante annuelle qui anime tout le quartier.
Brocante annuelle de juin
Chaque début juin, la rue s’anime d’une brocante traditionnelle perpétuant l’esprit villageois. Cet événement populaire attire chineurs et curieux dans une atmosphère conviviale. Les habitants sortent leurs trésors familiaux, transformant la rue en marché aux puces éphémère.
Cette tradition maintient les liens sociaux du quartier et révèle l’attachement des résidents à leur patrimoine local. La date précise varie selon le calendrier municipal, généralement le premier dimanche de juin.
Meilleurs moments pour la visite
Privilégiez les matins pour profiter de la lumière douce sur les façades anciennes. Les fins d’après-midi révèlent l’ambiance authentique avec l’animation des commerces de proximité. Évitez les dimanches après-midi, période moins représentative de la vie de quartier.
Les jours de semaine offrent une immersion plus authentique dans l’atmosphère villageoise, avec moins de visiteurs et plus d’interactions spontanées avec les habitants.
Lieux de tournage célèbres
En 1961, « Le Cave se Rebiffe » filme une scène au numéro 14, où Jean Gabin entre chez la fleuriste Françoise Rosay. Le téléfilm « Au Bon Beurre » d’Édouard Molinaro utilise principalement cette rue en 1980.
Ces tournages témoignent de l’attractivité cinématographique du décor villageois, préservé au cœur de Paris. L’authenticité architecturale séduit encore aujourd’hui les équipes de production.
Combien coûte un logement rue Saint-Blaise ?
Le marché immobilier reflète parfaitement la dualité architecturale de la rue. Cette disparité inhabituelle pour une même voie parisienne crée des opportunités variées selon les secteurs.
Disparité de prix selon les secteurs
Entre le début de la rue préservée et sa partie sud aux grands ensembles, les écarts de prix atteignent des proportions rares à Paris. Cette différence s’explique par le cadre de vie, l’architecture et la densité urbaine contrastées.
Les maisons anciennes près de l’église bénéficient de plus-values significatives liées au charme villageois et à la rareté de l’offre. Les appartements en tours offrent des surfaces plus importantes à prix modérés.
Partie préservée vs grands ensembles
La section historique commande des prix premium pour son authenticité architecturale et son cadre verdoyant. Les cours privatives et l’atmosphère villageoise justifient ces valorisations. À l’inverse, la ZAC Saint-Blaise propose des logements plus accessibles dans un environnement urbain moderne.
Cette coexistence offre un panel de choix résidentiels unique, du charme historique à la fonctionnalité contemporaine, tous deux desservis par les mêmes transports et commerces.
Ce qu’il faut retenir
La rue Saint-Blaise incarne parfaitement la richesse patrimoniale parisienne, où l’histoire villageoise survit à l’urbanisation moderne. Cette artère unique du 20e arrondissement mérite le détour pour son authenticité préservée et son contraste architectural saisissant. Facilement accessible depuis Porte de Montreuil, elle offre une escapade dépaysante à quelques stations du centre-ville. Planifiez votre visite en juin pour profiter de l’animation de la brocante traditionnelle, et n’hésitez pas à pousser les portes cochères pour découvrir les cours secrètes. Cette promenade révèle un Paris méconnu, témoignage vivant de l’évolution urbaine de la capitale.




