City Guide Paris

Les colonnes de Buren à Paris : histoire et découverte

L’info à retenir

  • 260 colonnes rayées noir et blanc en marbre de Carrare, hauteurs variables de 8,7 à 62 cm
  • Accès gratuit 24h/24 dans la cour d’honneur du Palais-Royal, métro Palais Royal-Musée du Louvre
  • Œuvre de Daniel Buren inaugurée en 1986 après une polémique historique, rénovée en 2010

Au cœur du 1er arrondissement parisien, dans la prestigieuse cour d’honneur du Palais-Royal, se dressent 260 colonnes rayées qui divisent encore aujourd’hui. Cette installation monumentale de Daniel Buren, officiellement appelée « Les Deux Plateaux », transforme depuis 1986 un ancien parking en œuvre d’art contemporain accessible jour et nuit.

Que sont exactement les Colonnes de Buren ?

L’installation « Les Deux Plateaux » couvre 3 000 m² de la cour d’honneur du Palais-Royal. Les 260 colonnes octogonales en marbre de Carrare blanc et marbre noir des Pyrénées émergent du sol à différentes hauteurs, créant un effet visuel saisissant.

Chaque colonne arbore les rayures caractéristiques de Daniel Buren : bandes alternées noires et blanches de 8,7 cm de largeur. Cette signature artistique, inspirée des tissus de store du marché Saint-Pierre à Montmartre, contraste volontairement avec l’architecture classique environnante.

L’œuvre révèle également un niveau souterrain visible à travers des grilles métalliques. Ces tranchées permettent d’apercevoir la continuation des colonnes en sous-sol, où un plan d’eau reflète l’installation supérieure. L’éclairage nocturne sublime l’ensemble avec des clous luminescents rouges et verts au sol, et des diodes bleues dans les tranchées.

Les matériaux nobles au service de l’art urbain

Le choix du marbre de Carrare n’est pas anodin. Ce matériau utilisé par Michel-Ange et Rodin élève cette création contemporaine au rang des œuvres sculpturales historiques. L’asphalte et les caillebotis en acier affirment pourtant le caractère résolument urbain de l’installation.

A lire aussi  Histoire de la Sainte-Chapelle de Paris

Où se trouvent précisément les Colonnes de Buren ?

Les colonnes occupent la cour d’honneur du Palais-Royal, face au musée du Louvre dans le 1er arrondissement. Cet emplacement stratégique les rend facilement accessibles depuis les principaux axes touristiques parisiens.

Le métro Palais Royal-Musée du Louvre (lignes 1 et 7) dessert directement le site. La sortie Palais-Royal vous dépose à quelques mètres de l’entrée. Les bus 21, 27, 39, 48, 95 s’arrêtent également à proximité immédiate.

Depuis le Paris avant Haussmann, ce quartier concentre les institutions françaises les plus prestigieuses. Le Conseil constitutionnel, le ministère de la Culture et la Comédie-Française partagent ce lieu chargé d’histoire.

Repères géographiques pratiques

L’accès principal se fait par la place du Palais-Royal, côté rue de Rivoli. Une seconde entrée existe côté jardins du Palais-Royal, offrant une approche plus paisible. La proximité immédiate du Louvre permet de combiner facilement les deux visites.

Combien coûte la visite des Colonnes de Buren en 2025 ?

L’accès aux Colonnes de Buren reste entièrement gratuit en 2025. Cette gratuité totale permet à chacun de découvrir librement cette œuvre d’art contemporain, sans contrainte budgétaire.

Aucune réservation n’est nécessaire, contrairement à de nombreuses attractions parisiennes payantes. Cette accessibilité financière explique en partie le succès populaire de l’installation auprès des touristes et des Parisiens.

Quels sont les horaires d’accès ?

Les Colonnes de Buren sont accessibles 24h/24, 7j/7 sans aucune restriction horaire en 2025. Cette disponibilité permanente offre une flexibilité totale pour organiser votre visite selon vos préférences.

Les photographes privilégient les premières heures du matin (7h-9h) pour éviter la foule et bénéficier d’une lumière douce. En soirée, l’éclairage artificiel crée une atmosphère particulièrement photogénique après 20h.

Pourquoi cette œuvre a-t-elle fait polémique ?

L’installation des colonnes déclencha en 1985-1986 l’une des plus violentes controverses artistiques françaises. Plus de 225 articles parurent dans 45 journaux, Le Figaro titrant même « moderne bataille d’Hernani » le 15 mai 1986.

A lire aussi  Visiter Paris à Noël

Jacques Chirac, maire de Paris, tenta de faire arrêter les travaux en février 1986. Il fit dresser un procès-verbal de contravention et demanda au préfet de police l’apposition de scellés sur le chantier. Le tribunal administratif donna raison aux opposants le 20 février 1986.

François Léotard, nouveau ministre de la Culture après la cohabitation, envisagea même la destruction de l’œuvre en cours. Daniel Buren l’assigna en justice, invoquant son droit moral d’auteur. L’artiste gagna finalement son combat juridique, les travaux s’achevant en juillet 1986.

Les opposants célèbres mobilisés

Une association regroupant Claude Lévi-Strauss, Jacques Soustelle, Henri Troyat et Michel Déon protesta officiellement auprès du président Mitterrand. Des tags antisémites apparurent même sur les palissades du chantier, révélant la virulence de certaines oppositions.

Une réhabilitation progressive

Aujourd’hui pleinement intégrées au paysage parisien, les colonnes sont devenues l’un des sites les plus photographiés de la capitale. Le public s’est approprié l’œuvre, particulièrement les enfants qui s’amusent à sauter d’une colonne à l’autre.

Comment Daniel Buren a-t-il conçu cette installation ?

Daniel Buren fonda sa création sur deux principes fondamentaux. Le premier consiste à révéler le sous-sol plutôt qu’ériger une sculpture traditionnelle au centre de la cour. Cette approche innovante crée un dialogue entre surface et profondeur.

Le second principe s’inspire directement de l’architecture du Palais-Royal : composition linéaire, répétitive et tramée. Les 13 x 20 colonnes respectent l’entraxe des colonnades existantes (319 cm), créant une harmonie géométrique subtile avec le patrimoine historique.

L’artiste imaginait une œuvre urbaine que le public investirait librement. Ce pari fut gagné : visiteurs, enfants et même skateurs se sont approprié cet espace, transformant la solennité institutionnelle en terrain de jeu démocratique.

A lire aussi  Les pièces de théâtre incontournables à voir à Paris

Quand visiter pour éviter la foule ?

Les créneaux 7h-9h et après 19h offrent une tranquillité optimale pour profiter pleinement de l’installation. Les week-ends et vacances scolaires génèrent naturellement plus d’affluence, particulièrement entre 11h et 17h.

L’hiver présente l’avantage d’une fréquentation moindre, même si l’œuvre garde tout son intérêt par temps maussade. L’éclairage nocturne hivernal sublime particulièrement les contrastes entre marbre blanc et rayures noires.

Peut-on escalader les colonnes ?

Aucune interdiction formelle n’empêche de monter sur les colonnes en 2025. Cette liberté d’interaction fait partie intégrante du concept artistique de Daniel Buren, qui souhaitait une œuvre investie physiquement par le public.

Les hauteurs variables (8,7 à 62 cm) permettent aux enfants comme aux adultes de s’asseoir ou grimper selon leurs envies. Cette appropriation ludique contraste délibérément avec la solennité du lieu institutionnel environnant.

Attention cependant : le marbre peut être glissant par temps humide. La prudence reste de mise, surtout avec de jeunes enfants sur les colonnes les plus hautes.

Ce qu’il faut retenir

Les Colonnes de Buren représentent bien plus qu’une simple installation artistique : elles incarnent la rencontre réussie entre patrimoine historique et création contemporaine. Leur accès gratuit permanent dans l’un des plus beaux sites parisiens en fait une étape incontournable de toute découverte de la capitale. L’histoire tumultueuse de leur création ajoute une dimension supplémentaire à cette œuvre désormais plébiscitée par le public. Profitez d’une visite matinale ou nocturne pour saisir toute la poésie de ces « Deux Plateaux » qui révèlent autant qu’ils cachent.

Contenu mis à jour novembre 2025.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

12 + = 16
Powered by MathCaptcha

Retour en haut